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 LES CINQ ETAPES D'UN DRAME

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tagyhi

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Date d'inscription : 06/04/2007

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MessageSujet: LES CINQ ETAPES D'UN DRAME   LES CINQ ETAPES D'UN DRAME Icon_minitimeMer 4 Fév - 20:31

Je vous propose de partager avec moi un peu de lecture, et pourquoi pas d'en débattre.

LES CINQ ETAPES D'UN DRAME

1878 - 1943

ANTONY KRAFFT-BONNARD


1878

C'est une date historique. Elle aide à comprendre des evenements qui troublaient l'Europe depuis plus d'un demi siècle...

On se souvient qu'on désignait alors, non sans ironie, les relations internationales - notamment entre les grandes puissances - sous le nom de "Concert Européen".

Il y eu en effet, en 1878, à Berlin, une conference-concert, dont le chef d'orchestre fut le Prince de Bismarck. C'etait apres la guerre russo-turque.
Une entente entre les cinq grandes puissances : Russie, Allemagne, Autriche, France, Angleterre, fut établie pour manifester l'intention de protéger les populations chrétiennes de l'Empire ottoman, en particulier les Arméniens. Une promesse fut donnée à ce peuple, et un engagement catégorique fut pris à l'égard de la politique exterieure de l'Empire ottoman.

Ces deux faits sont consignés dans l'article 61 du traité de paix, résultat des délibérations de cette mémorable Conférence.

Voici l'article :

"La Sublime Porte, (comme chaqu'un le sait, c'etait le gouvernement de l'Empire ottoman) s'engage à réaliser sans plus de retard les améliorations et les réformes qu'exigent les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens, et à garantir leur sécurité contre les
Circassiens et les Kourdes. Elle donnera connaissance periodiquement des mesures prises à cet effet aux Puissances signataires, qui en surveilleront l'application."


Il est necessaire de rappeler toujours ce fait, qui est à la base de ce qu'on avait l'habitude d'appeler "la question d'Orient".

L'entente en faveur de l'Arménie (occidentale. NR) fut si unanime, que ce pays fut invité officiellement à la dite Conference, et représentée par son patriarche, chef de l'Eglise arménienne, seule autorité civile de ce vieux peuple de religion chrétienne. En effet, c'est en 301 que le roi
d'Arménie, chef d'un puissant royaume, anéanti plus tard par l'invasion des turcs (Seldjuk. NR), décida, apres sa conversion, que le christianisme serait désormais la religion nationale.

A la conference de Berlin, le vaincu (la turquie) de la guerre Russo-Turque fut convoqué.
L'empire ottoman etait réprésenté par son sultan Abdul-Hamid (le "Sultan Rouge". NR). Naturellement, cet empereur dut s'incliner devant cet article 61, qui manifestait clairement et sans détours la parfaite harmonie du "concert europeen".


Dernière édition par tagyhi le Mer 4 Fév - 20:40, édité 1 fois
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tagyhi

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MessageSujet: Re: LES CINQ ETAPES D'UN DRAME   LES CINQ ETAPES D'UN DRAME Icon_minitimeMer 4 Fév - 20:37

1896

Le chef de l'Empire ottoman, le sultan et calife Abdul Hamid, fut le premier à ne pas prendre au sérieux le beau programme du fameux article 61. Il n'avait pas confiance dans la sincrité des délégués de la soi-disant chrétienté.

Il songea à une réaction et la prépara. Représentant de l'islamisme, il était pénétré de haine à l'égard du christianisme et, fidèle à certaines prescriptions du Coran, il considérait comme sacrée la destruction des chrétiens.
Cette idéologie couvrait un programme politique envisageant l'anéantissement progressif de la nation arménienne (sur son sol. NR). Il n'y avait qu'à saisir l'occasion favorable, ou, si elle faisait défaut, à en provoquer une, lui procurant une apparence de justification.

Il se rendait compte que l'article du Traité de Berlin ne pouvait etre qu'un prétexte, et que les puissances signataires
-sinon toutes, du moins l'une d'entre elle- se reservait le droit d'utiliser ce prétexte pour intervenir dans les affaires intérieures de l'Empire ottoman, dont l'héritage était convoité.

Abdul Hamid était désigné alors sous le nom de "l'homme malade", et plus tard, on l'appela aussi "le grand assassin", ou "le sultan rouge". C'est lui aui a formé le plan de supprimer la Nation arménienne.

On apprit un jour, en Occident, qu'en deux ou trois semaines, quelques 300 000 arméniens avaient été massacrés dans les rues de Constantinople et dans les environs.

Le premier orphelin, que j'ai eu le privilège d'accueillir, en 1879, à la gare de Genève, Ohannès Hatschadourian, appelé plus tard Jean Dourian, m'a raconté comment les choses s'étaient passées dans sa famille.
En deux mots, voici : le père, se rendant compte que la tuerie, qui se poursuivait dans les rues allait atteindre son domicile, rentra aussitot chez lui et se cacha dans une armoire. Mais quelques instants plus tard, deux ou trois massacreurs montaient dans l'appartement, découvraient le malheureux et le trainaient dans les escaliers. Le petit garçon se souvenait des coups que reçut son père à chaque marche et de celui
qui l'a achevé au bas de l'escalier.

Quelle fut alors la réaction des puissances signataires du Traité de Berlin ? La France et l'Angleterre n'hésitèrent pas à envoyer des cuirassés dans le Proche Orient, où le prestige d'une puissance militaire europeenne est tel,
qu'on s'incline avec empressement devant elle. (De tels faits se passent aussi ailleurs helas !). Il etait evident pour quiconque réfléchissait un peu, qu'il aurait suffi d'une manifestation un peu energique pour arrêter "le bras
du mechant". Pourquoi cette manifestation, qui eût ete si opportune, n'eut-elle pas lieu ? Cette question s'impose d'autant plus à l'esprit qu'elle oblige de rappeler le fait historique qui a déterminé toute une politique de
trahison et de lacheté.

Trahison ! Ce fut celle de l'empereur d'Allemagne Guillaume II. Trahison ! Celle de l'empire allemand signataire, comme les autres états, du traité de 1878 et particulièrement de l'article 61, dont l'initiative avait certainement
été prise par Bismarck. L'interet de Berlin était moins de soutenir des populations chrétiennes persécutées que de préparer des relations avec l'Emprire ottoman en vue de favoriser le "Drang nach Osten".

Lâcheté ! les deux puissances, qui etaient intervenues pour faire honneur au traité qu'elles avaient signé, comprirent qu'elles auraient affaire, si elles perseveraient, non seulement à Abdul Hamid, mais encore
à Guillaume II. Alors, par crainte d'une guerre Europeenne, les cuirassiers furent rappelés. Craintes injustifiée d'ailleurs, car il serait facile de citer certaines vastes opérations financières rendues difficiles par
l'attitude d'Abdul Hamid, parce qu'il escomptait l'impunité, et qui ont pu être réglées par la simple menace de quelques obus sur Yildiz Kiosk, palais de l'Empereur.

Lâcheté ! Les grandes puissances, signataires du Traité de Berlin, abandonnèrent la promesse faite aux populations chrétiennes persécutées, notamment aux Arméniens, expressement cités, dans l'article 61.
Elles ont passé outre à leurs engagements, que l'on désignait sous le nom de "protection collective".


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