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 LA TURQUIE ET LES ALGERIENS

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Karin

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MessageSujet: LA TURQUIE ET LES ALGERIENS   Sam 7 Jan - 15:56

Algérie : la Turquie a la mémoire courte
>
> Les déclarations du Premier ministre turc, Monsieur Erdogan, à propos du « génocide » que la France aurait commis en Algérie, relèvent à la fois de l’hystérie verbale et de la plus grotesque manipulation historique. De plus, Monsieur Erdogan est bien mal placé pour parler de « génocide » en Algérie, région qui fut durant trois siècles une colonie ottomane sous le nom de Régence d’Alger (Wilayat el-Djezair en arabe et Gezayir-i Garp en turc), et dans laquelle les janissaires turcs s’illustrèrent par leurs méthodes particulièrement brutales et expéditives.

http://www.bernardlugan.blogspot.com/2011/12/algerie-la-turquie-la-memoire-courte.html



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Karin

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MessageSujet: Re: LA TURQUIE ET LES ALGERIENS   Sam 28 Jan - 2:00

MÈCHEROUTIETTE - Les Vampires de la Turquie - 1912

Si l'on demande, en ce moment, à un occidental quels sont les pires ennemis des Turcs, il répondra sans hésiter : ce sont les Bulgares. Les pires ennemis des Turcs ne sont ni les Bulgares, ni les Grecs, ni aucun autre élément chrétien, mais bien les Deunmés. Qu'est-ce que les Deanmés ! Littéralement, ce mot signifie : converti.

L'éminent orientaliste Rebi Abram Danon, directeur du séminaire israélite de Constantinople,et le Grand ironiste le français Pierre Mille, oui. Pierre Mille lui-même, se sont occupés jadis de ces descendants de Sabetaï Lévi, qui voulut, au seizième siècle, se faire passer pour le Messie et dut se convertir à l'islamisme, avec tous ses adeptes, pour échapper à la pendaison à laquelle l'avaient condamné les tribunaux de Constantinople. N'allez pas croire pour cela que les deunmês soient de vrais musulmans.
Ils ne sont pas non plus juifs. Sous des dehors musulmans ils pratiquent en cachette, un culte à part, une espèce de judaïsme... tel qu'il devra être pratiqué après que le Messie sera arrivé.
Les deunmês forment quatre sectes — des quatre disciples du faux messie — dont l'une, la secte de Djavid bey, m'a affirmé un deunmé, sacrifie à Cythère une fois par an. En d'autres termes, tous les ans, à une date déterminée, les Djavidistes se réunissent par quartiers. Dans ces réunions, les femmes se livrent à d'autres hommes que leurs maris, les vierges se donnent librement à des mâles et durant une nuit, c'est une orgie comme on n'en voit pas beaucoup dans l'histoire.

Que voulez-vous que des êtres qui ont de telles mœurs soient au moral ? (Concours du taureau de l'année). Aussi les deunmês — à de rares exceptions près — passent pour des gens vils et abjects. Etant en apparence musulmans, les deunmês non seulement ont le turc comme langue, mais ils connaissent tous les secrets de leurs prétendus coreligionnaires auxquels ils cachent soigneusement leur vie intime.

Les deunmês ne se marient pas avec des musulmans et même les diverses sectes ne convolent pas entre elles. Doués d'une intelligence supérieure à celle des vrais Turcs, étant plus instruits qu'eux, les deunmês occupaient les meilleurs places de l'administration.
Sous Abdul Hamid, les deumnés n'avaient qu'un rêve : celui de voir le partage de l'Empire Ottoman afin de rompre en visière avec les musulmans. Par suite des mariages consanguins, les deunmês dont le nombre total ne dépasse pas douze cents familles — ce qui fait une moyenne de trois cents familles par secte — ont le sang très appauvri et souffrent de toutes les maladies, ce qui les oblige à aller se soigner en Occident. Leur premier geste, en franchissant la frontière turque, était de lancer par terre et de piétiner le fez pour arborer à. sa place un beau chapeau. Cette vilenie était toujours accompagnée de grossières insultes à l'adresse des Turcs, ces barbares... ces pelés, ces tondus, etc.

Ce n'est pas seulement aux Turcs qu'ils en ont. Les deunmês haïssent tout le monde. Quand ils sont avec des Turcs, ils médisent du juif et inversement. A un Bulgare ils disent du mal du Grec et du Turc: à un Grec ils disent du mal du Bulgare et du Turc et ainsi de suite, mais c'est le Turc qui revient toujours comme un leit-motiv qui forme leur delenda carthago. En parlant, les deunmês ont l'air papelard, le geste onctueux et enveloppant, le sourire stéréotypé sur les lèvres. Ils croient ainsi tromper tout le monde, mais tout le monde sait ce que vaut le deunmé et accueille ses avances avec les plus extrêmes réserves.

Quand la révolution ottomane éclata, on crut que l'heure dernière des deunmês avait sonné. En effet, les principaux, membres du comité : Dr Nazim, Talaat et Rahmi, pour ne citer que ceux-là, songeaient à faire exiler les notables deunmês en Asie Mineure. Mais les misérables durent leur salut à deux circonstances : Ils avaient d'abord Djavid, un des leurs, au sein du comité et ils se mirent à flagorner les unionistes de la façon la plus abjecte. Dans toutes les manifestations, dans toutes les réunions, dans tous les meetings, les deunmês qui hier encore appelaient de tous leurs voeux la mort des Turcs, sortaient bannières déployées, musique en tête, criant à tue-tête par les rues et sur les places publiques :
Vive le Comité 1Vive l'Union et Progrès ! Vive la Constitution ! et un tas d'autres flagorneries. Peu à peu non seulement ils surent éviter tout danger d'exil ou de molestation, mais les deunmês prirent pied dans le comité, s'installèrent en maîtres dans toutes les sections, prenant là aussi, grâce à la supériorité de leur culture, les rênes de l'administration intérieure.

Ce fut, pour le comité, et, hélas ! Pour toute la Turquie, le commencement de la série noire.
Devenus les mauvais génies du Comité, les deunmês commencèrent à donner à celui-ci les plus mauvais conseils. Ce furent les deunmês qui provoquèrent la loi du service militaire des non-musulmans, espérant ainsi diminuer les taxes d'exonération qu'ils payent eux-mêmes, car ils ne font jamais le service actif, ou voir les autres aussi acquitter cette taxe.
Ce furent les deunmês qui conseillèrent le boycottage dans un esprit de lucre. Grâce au boycottage les gros négociants deunmês écoulèrent des stocks formidables de marchandises, autrichiennes qu'ils firent passer pour des marchandises anglaises ou françaises.

C'est ainsi que les Caracasch, les Baldji, les Ipekdji et tant d'autres deunmês volèrent des millions aux pauvres citoyens ottomans. Par leurs manigances les deunmês contribuèrent à élargir, le fossé creusé entre-les Turcs et les autres nationalités ottomanes. Ce furent les deunmês qui firent commettre à la Turquie la faute lourde de l'expulsion des Italiens et ce dans le but inavouable d'évincer quelques concurrents. Bref ce sont les deunmês qui attirèrent toutes les calamités qui se sont abattues sur l'Empire ottoman durant les dernières quatre années.

Pendant que le pays s'effondrait, les deunmês thésaurisaient. Ils forment aujourd'hui la classe la plus riche de l'Empire.
Combien le Comité Union et Progrès eût été bien inspiré s’il avait mis en pratique son rêve d'exiler les notables deunmês dans les vilayets de l'Asie Mineure ! Une foule de catastrophes économiques et politiques auraient été alors épargnées. Mais la parole charmeresse de ce serpent à sonnettes qu'est Djavid a su empêcher toute mesure coercitive contre ceux de sa race qui est bien la race que tous les ottomans ont le plus grand droit de maudire, car c'est une race pourrie, une race dissolvante, qui a poussé le comité aux pires excès et mené la patrie ottomane à deux doigts de sa perte.
Comme on le voit, les plus grands ennemis des Turcs ce sont les deunmês, ces êtres vils, rapaces, haïssant tout le monde et n'ayant qu'un but dans la vie : amasser de l'or.

Que la Turquie veille sur ces ou [ses] vampires !...
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Karin

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MessageSujet: Re: LA TURQUIE ET LES ALGERIENS   Sam 28 Jan - 10:19

MÈCHEROUTIETTE - Le Comité Union et Progrès contre les Nationalités – 1914

Voilà que les bêtises recommencent; ou plutôt elles continuent.
Nous avons dit et répété (et tout le monde est unanime à la reconnaître aujourd'hui) que la guerre des alliés balkaniques contre la Turquie a eu son origine dans la mauvaise foi dont le Comité Union et Progrès a usé envers les nationalités après la proclamation de la Constitution, notamment aux élections législatives de 1908 qu'il fit au préjudice des droits des chrétiens.
Les élections de 1914 réservent à ces nationalités des mécomptes non moins graves que ceux d'antan qui mettent en jeu, cette fois, l'existence de notre Asie-Mineure.
Le comité, en supprimant purement et simplement l'opposition par l'exil et l'assassinat de ses membres notoires, médite aujourd'hui d'enlever aux patriarcats la nomination de leurs députés et de faire lui-même parmi les candidats chrétiens un choix judicieux d'hommes dévoués à sa cause en dépit de toutes ses affirmations libérales du début de la révolution.

Eh.bien, puisqu'il recommence, nous recommencerons et nous continuerons, nous, à dénoncer aux Ottomans et à l'Europe sa duplicité et son turquisme qui nous ont conduit à la défaite, non par un aveugle esprit d'opposition, mais pour nous éviter, s'il en est temps encore, un nouveau démembrement.
Je sais bien que le Comité invoque, pour justifier la reprise de ses errements, que la perte de la Turquie d'Europe, en allégeant le gouvernement ottoman du souci des nationalités qui la composaient allait lui rendre plus facile l'administration des provinces de l'Asie-Mineure où les Turcs sont chez eux.
C'est là une erreur qu'il faut détruire tout de suite parce qu'elle est susceptible de provoquer de nouveaux malentendus entre les nationalités et les Turcs — et par conséquent de nouveaux conflits dans lesquels sombrera ce qui reste de l'Empire ottoman.

Les Arabes qui constituent la population la plus homogène de l'Asie-Mineure sont de onze millions environ répandus dans les vilayets de Syrie, de Bagdad, de Bassorah, du Yémen et du Hedjaz.
Les Grecs, peu nombreux, il est vrai, dans l'intérieur, peuplent tout le littoral de l'Archipel, de la mer de Marmara et du Bosphore. On peut les évaluer à 3 millions. Faut-il rappeler en outre, que deux de leurs églises autocéphales sont situées à Antioche et à Jérusalem, en Asie-Mineure.

Les Kurdes comptent environ cinq millions. Guerriers intrépides et indomptables, ils sont, en quelque sorte, les Albanais de l'Asie-Mineure. Dans les premières années de la révolution, ils s'étaient rangés sous la bannière du Comité qui les employa aux besognes exécutives en se gardant de leur accorder les privilèges inhérents à l'égalité des races.
Leurs déceptions, leurs rancoeurs et leurs rancunes, bien qu'elles se soient manifestées après celles des Arabes, n'en ont pas moins abouti à les désaffectionner du Comité, et qui plus est, des Turcs dont ils parlent déjà de se séparer. Le mot d'autonomie a été prononcé.
Les Arméniens sont au nombre de deux millions et demi.
Tout a été dit sur leur compte; nous n'ajouterons que ce simple fait tout récent, peu connu et très symptomatique : leur comité Tachnaktzoutioun qui, dès le début de la révolution de 1908, avait fait cause commune avec Union et Progrès et l'avait soutenu dans toutes les affaires, vient de séparer de lui non sans éclat. On sait que ce comité arménien est un comité d'action de propagande révolutionnaire. Quelles surprises il nous ménage?

Outre ces trois groupements très importants au point de vue du nombre, l'Asie-Mineure renferme un million de Tcherkesses, des Lazes, des Tchinghanés, des Druzes, des Mutualis, des Ismaïliens, des Yézidis, des Chaldéens, des Syriens Jacobites, des Maronites, des Israélites, etc...

Une vraie macédoine de nationalités, comme en Macédoine.
Dans ces conditions, peut-on dire que les Turcs soient en situation d'imposer leur volonté aux autres nationalités? Et n'y a-l-il pas lieu de craindre que, si Union et Progrès reprend à leur égard les mêmes procédés de turquisme qui lui ont aliéné les populations non-musulmanes d'Europe, l'Asie-Mineure ne subisse un jour le sort de notre empire européen?
Les avertissements, précurseurs de l'orage, n'ont pas manqué et tout le monde a encore présentes à la mémoire les révoltes arabes que le Comité a noyées dans le sang, mais qui ont eu pour effet la création d'une grande ligue très puissante, très riche, consciente de sa force et de ses revendications, marchant désormais à la poursuite d'un idéal: l'indépendance.
Eh bien, nous autres, ottomans rédacteurs au- Mecheroutiette, nous répudions cette idée de l'indépendance des nationalités.
Nous défendons la tradition libérale de la révolution de 1908 et les principes de l'égalité des races qui ont présidé à son élaboration.
« Le parti de la Jeune-Turquie (dirions-nous avec un de ses membres qui eut son heure de notoriété dans le monde et que nous nous abstiendrons de nommer afin de ne pas l'affliger en lui rappelant l'oubli et le discrédit dans lequel il est tombé en Turquie depuis que l'on y a démasqué sa duplicité politique et religieuse), le parti de la Jeune-Turquie n'appartient à personne ; il n'est ni la propriété d'un Comité quelconque, ni celle d'une individualité : c'est un ensemble d'aspirations nationales, nées de l'oppression et de la tyrannie, cherchant
à s'affirmer avec le concours de tous les gens de coeur...

«Qu'importe que les uns soient très catholiques ou orthodoxes et d'autres positivistes; nous avons tous un même ennemi à combattre, qui est le pouvoir arbitraire et absolu incarné dans la personne d'un sauvage. Nous avons un but commun à poursuivre dans la voie des réformes ; nous avons une patrie communes laquelle il faut nous dévouer pour l'arracher aux hommes qui la pressurent sans foi ni loi... Musulmans et non-musulmans, il faut que nous nous unissions pour réaliser notre idéal patriotique » (1).

Voilà ce que les unionistes proclamaient avant la révolution et ce que nous ne cesserons de leur rappeler pour bien leur démontrer que c'est faute d'avoir mis en pratique ces bonnes intentions qu'ils ont conduit notre pays aux abîmes.
Et, puisqu'ils oublient leurs promesses, notre devoir est de les leur rappeler, de leur crier même d'avoir à mettre les actes en conformité avec leurs paroles.
Halilbey, qui fut un des chefs du Comité Union et Progrès, déclarait un jour:

Notre but final est de grouper sous la même bannière politique les divers éléments qui composent la nation ottomane.
Nous voulons que la patrie, que la nation soient à tous les Ottomans : Nous respecterons toujours la langue et la nationalité de toutes les fractions de la nation... » .
Une autre fois, c'est le bureau central du Comité Union et Progrès qui communique à toute la presse la proclamation suivante :
«.. .III. —Le Congrès adopte comme principe invariable de travailler à grouper sous la même bannière politique de l'Ottomanisme toutes les races qui ont des aspirations communes et dont il veut l'union et non pas Infusion. II respecte la langue nationale de chacun, les droits des nationalités, ainsi que les revendications qui reposent sur des liens historiques indestructibles ...» (2)
On pourrait citer de nombreuses déclarations de ce genre, mais elles ont assez couru la presse ottomane et la presse étrangère pour que nous nous dispensions de les publier ici.
Qu'il nous soit permis de signaler en passant que le bureau central de ce congrès se composait de: Hadji Ali bey, Dr Nazim, EyoubSabri, Omer Nadji Zia, Sabri et Midhat Chukri beys : tous des Turcs, pas un non-Turc.
De ces déclarations officielles destinées aux simples, passons aux discours contraires.
Il était de notoriété publique, en Turquie, qu'après la Révolution de 1908, Le Comité Union et Progrès avait tenu aux officiers le langage suivant que beaucoup d'entre eux trouvèrent plein de sens et de raison :
« Sans doute, leur avait-il dit, la liberté, l'égalité entre toutes les races sont d'excellents arguments susceptibles
d'amener à nous toutes les forces vives dont dispose l'Empire ottoman pour anéantir définitivement le régime d'Abdul-Hamid.
Afin de gagner même la sympathie de l'Europe, il était indispensable de donner à ces principes, la consécration, légale d'ailleurs, d'une Constitution déjà octroyée, prorogée mais non abolie.
«Cependant n'oublions pas que nous, les conquérants, nous sommes inférieurs économiquement aux autres races, et que leur donner la liberté totale, l'égalité absolue, c'est leur accorder bénévolement une avance sur nous que nous ne rattraperons jamais. Pour le salut et l'avenir des Turcs, il nous faut donc faire machine arrière, insensiblement, tout en conservant la Constitution comme un paravent derrière lequel nous abriterons nos projets d'avenir. »
C'est une thèse; discutable, légitime en somme.
Mais pourquoi avoir séduit le inonde et les Ottomans qui ne sont pas de race turque par une affirmation solennelle d'égalité, de liberté, — que le comité devait, en effet, peu après, démentir par ses actes — alors qu'il eût été bien plus simple de se contenter de déposer Abdul-Hamid et d'instituer immédiatement un gouvernement turquiste composé «d'un Sultan, d'un grand vizir et d'un Conseil d'Etat pour élaborer les lois » si tel est le régime que rêvaient pour la Turquie certains membres du Comité Union et Progrès?
Ceux qui doutaient que le Comité eût tenu aux officiers un pareil langage ne tardèrent pas à être édifiés lorsqu'ils virent qu'il avait trouvé son expression dans une campagne de presse, notamment sous la plume de Djahid bey, l'enfant terrible et fougueux du comité, directeur du Tanine. Quelques jours avant les élections législatives, ce journal publia des articles aussi grossiers que violents, où, prenant à parti les non-Turcs, il leur signifiait hautement que les jours de l'égalité s'étaient éteints avec l'enthousiasme des premiers temps, et que les Turcs ayant, par droit de conquête, des privilèges supérieurs, il n'y avait pas lieu de reconnaître aux autres
races l'égalité politique.
Revenant sur cette idée qui lui tenait au coeur, le Tanine un an après, en septembre 1909, publiait un article intitulé:
« L'Islamisme et l'Ottomanisme » dans lequel il disait notamment:

1" entre Turcs, 2° entre musulmans, et 3° enfin entre les Ottomans en développant toujours le cercle de leurs influences...
L'union des races qui est un des plus grands désirs du comité Union et Progrès ne pourra se faire que sur des bases ainsi consolidées et avec beaucoup démesure.»
Après avoir développé cette idée et toujours préoccupé de donner l'hégémonie aux Turcs, le Tanine concluait: « S'il y a une race qui peut servir de modèle (type) aux diverses autres nations, c'est la race turque.»
On retrouve dans ces deux articles du plus turbulent et du plus imprudent des membres du comité Union et Progrès la pensée maîtresse et directrice qui ne prend même plus la peine de se dissimuler.

Ces idées sur l'inégalité des races et la supériorité des Turcs sur les Chrétiens n'auraient eu qu'une portée relative si le fougueux journaliste n'avait imposé sa loi au gouvernement, si elles n'étaient pas aussi celles d'un Jeune-Turc notoire qui les publia dans une brochure peu répandue et dont nous exhumerons quelques pensées à l'usage de ses amis d'Europe qui crurent jadis à son libéralisme.
« La législation du peuple conquérant ne pèse pas chez nous aussi lourdement, aussi injustement que dans d'autres pays, car elle a laissé à chaque élément de la minorité toutes ses institutions sous sa stricte protection. Cela ne veut pas dire que les Musulmans aient des sentiments de fraternité pour les Juifs et les Chrétiens. Les Chrétiens ne peuvent pas dire, même aujourd'hui, qu'ils sont amis de l'Islam: leurs actes trahiraient leur paroles. Cependant les Turcs ont été extrêmement tolérants envers eux ; ils n'ont jamais oublié les premiers devoirs d'honnêteté et de bienséance; mais ils ne se sont jamais fiés sans réserve à leur alliance: Ce serait
demander à la sagesse humaine plus que ne le comportent ni le temps ni les lieux ».

«... L'islamisme n'admet point, dans certains cas, le témoignage d'un chrétien contre un Musulman... Quant au
témoignage judiciare quia une si grande importance dans la vie humaine, l'exigence des jurisconsultes musulmans est PARFAITEMENT FONDÉE. Le contrôle des témoignages constitue un des éléments des plus essentiels de la justice.
On examine naturellement si le témoin est compétent, sincère et impartial; s'il est, en outre, intelligent et éclairé. Par le seul fait qu'il est chrétien, c'est-à-dire croyant à la Trinité,
il passe aux yeux des Musulmans pour un aveugle privé d'intelligence.
Sa déposition ne peut par conséquent pas être acceptée à l'égard d'un Musulman» (1).
Pour un positiviste, pour un homme qui avait répudié toute idée de divinité, l'affirmation était, pour le moins, imprévue; mais les idées de l'ex-Président de la Chambre avaient tellement varié avec les circonstances que l'on ne s'étonnait plus de le rencontrer une fois de plus en opposition avec soi même. Tout son livre sur la crise de l'Orient, écrit dans la deuxième période du Mechveret, en un temps où il avait répudié ses idées libérales et humanitaires de la première période, n'est d'ailleurs qu'un long réquisitoire contre la civilisation; et c'est sans doute là que les nationalistes sectaires du Comité allaient chercher le pain quotidien de leur haine contre les chrétiens et contre la France qu'ils dénonçaient comme la grande prostituée d'Occident.

Voilà pour le libéralisme dont se targuent les unionistes.
Si l'on veut avoir une idée de leurs aperçus sociologiques qu'il nous suffise de citer encore le Tanine (Djénine) où, dans le numéro du 1erjuin 1911, Djahid bey écrivit à propos d'une colonie d'Israélites établis de temps immémorial à Sanaa:
« La langue arabe a absorbé absolument l'hébraïque. Voyez la force de cette langue ! Je crois qu'un million d'Arabes étant transplantés et installés sur le continent européen, toute l'Europe deviendrait arabe en moins de cent ans». Thèse contradictoire avec cette autre déclaration de lui. « S'il y a une race qui peut servir de modèle (type) aux diverses autres nationalités, c'est la race turque ».

Mais on a vu que le comité ne s'embarrasse pas de contradictions et ce n'est, certes, pas pour justifier son turquisme que ce même Tanine écrivait quelques jours apres : « De quel droit voulons-nous faire acte de propriété au Yémen? Depuis 400 ans pas un monument, pas un édifice,-pas le moindre effort pour le bonheur et le sort de ce peuple. Notre seul droit de propriété et de souveraineté au Yémen est fondé sur l'épée, le sang, le feu, les ruines et la mort. Un édifice imaginaire dont les tombeaux forment les fondements, telle est la nature de la souveraineté ottomane au Yémen . »

Quelle incohérence dans les principes! Quelle suite dans les idées! Et voilà les hommes qui se sont préposés au gouvernement d'un Empire !
Quand donc le peuple turc comprendra-t-il qu'il a été dupé, bafoué par ses prétendus sauveurs qui ne sont que des exploiteurs dépourvus de conscience et gonflés d'orgueil?
Quand?
Albert FUA
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MessageSujet: Re: LA TURQUIE ET LES ALGERIENS   Sam 28 Jan - 10:36

MÈCHEROUTIETTE - Talaat Bey et les Arméniens – 1914

Dans les journaux de Constantinople, particulièrement dans l'Ikdam, nous avons lu à propos des réformes en Turquie, une déclaration de Talaat bey, empruntée au journal Epoca paraissant à Bukarest. Talaat bey, l'ancien facteur rural sous le régime Abdul-Hamid, mais ministre de l'Intérieur sous celui des Unionistes, fut interviewé par le correspondant du dit journal Epoca sur la politique générale de la Turquie. Ce grand homme d'Etat (!) après s'être expliqué sur la politique actuelle de la Turquie, aborda la question de la façon suivante:
« Vous nous parlez, dit-il au correspondant, des Arméniens et de l'Arménie. Dans les provinces orientales, ou, selon votre expression, dans l'Arménie, vous devez savoir que les Arméniens sont en minorité. Les Arméniens de provinces orientales, ne forment que la vingtième partie de la population totale ». Nous, qui connaissons les compétences scientifiques et politiques des hommes d'Etat du comité réacteur, ne sommes guère surpris de cette réponse ignorante de Talaat bey. Un ancien facteur n'est pas capable de mieux connaître le nombre des populations arméniennes résidant en Turquie.
En effet, cette question n'est pas de sa compétence politique, la géographie ethnographique ne l'ayant jamais intéressé comme facteur des postes. Mais, comme ministre de l'Intérieur, n'aurait-il pas dû étudier au moins cette question.
Peut-être n'eut-il pas le temps de s'adonner à des études si futiles, tout son temps étant absorbé par des intrigues sanguinaires (assassinats et crimes). Cette ignorance, entre tant d'autres, n'est guère flatteuse pour son amour-propre. Pour ne pas être taxé de partialité, nous allons consulter le livre du Baron Ludovic de Conlenson, ayant pour titre : Les réformes en Turquie d'Asie.
Il s'exprime dans son livre, en parlant des provinces orientales, de la façon suivante:
La population des musulmans (62,2 0/0), bien qu'inférieure à celle que l'on trouve en Anatolie, est considérable ; les Turcs cependant ne forment que 41,3 0/0 de la population totale de l'Arménie, pas même la moitié.
L'Arménie turque, dit-il, renferme les chiffres suivants de populations :
{Musulmans, 45,1 0/0) (y compris les Arméniens musulmans)
Turcs 666.000
Kurdes ' 424.000
Autres Musulmans 88.000

(Chrétiens 43,20/0)
Arméniens 1.018.000
Nestoriens 123.000
Grecs 42.000

Voilà ce que nous lisons dans le livre si bien documenté du Baron L. de Contenson. Nous laisserons le soin de tirer une conclusion à la perspicacité des lecteurs.
Talaat bey, continuant sa déclaration, dit au correspondant du journal Epoca. « Voulez-vous des preuves ? Dans les dernières élections législatives, j'ai voulu faire élire un peu plus de députés arméniens, mais par manque d'électeurs arméniens, notre effort dût rester sans résultat.
« Néanmoins, ces observations ne' pourront empêcher l'application des réformes ; car nous les considérons comme nécessaires et utiles, mais il est certain que nous ne pourrons prendre en considération les quelques demandes exagérées et injustes ».
Talaat bey, avec cette affirmation, faisait allusion à ce que le patriarche arménien, réclamait du gouvernement de l'Union et Progrès, c'est-à-dire aux élections nationales, des députés arméniens. Talaat bey, comme ministre de l'Intérieur, et représentant du gouvernement unioniste, par cette déclaration, voulait restreindre les demandes du patrarche arménien en ce qui concerne les élections législatives. D'après cette déclaration, Talaat bey ne se trouve guère d'accord avec deux autres membres du comité Union et Progrès. L'un de ces membres est l'ancien ministre des finances, Djavid bey, l'autre est le rédacteur en chef du journal turc Tanine, Hussein Djahid bey.
Talaat bey se contredit avec ses deux compères. Nous avons reproduit ici même la déclaration de Djavid be.y, faite au reporter du journal l'Humanité, M. J. Longuet, le 16 Mai 1913.
Dans cette déclaration, Djavid bey, disait : «Pour que la Turquie vive, il nous faut entrer hardiment dans la voie d'une complète décentralisation administrative. » Talaat bey répondait au correspondant du journal Epoca : « Il est certain que nous ne pourrons prendre en considération les quelques demandes injustes et exagérées. »
Quel antagonisme, n'est-ce pas, entre ces deux hommes d'Etat. Pourtant, les deux ne représentent-ils pas le même comité Union et Progrès, qui, en ce moment, joue avec le sort de l'avenir de l'Empire Ottoman. Lequel faut-il croire?
Nous avons encore un autre démenti à opposer à la déclaration de Talaat bey, concernant les Arméniens. Nous sommes l'Humanité, du 10 juin 1913, où nous lisons une lettre envoyée par le correspondant à Constantinople de ce journal, sous la signature de Tigrane Zaven.
L'article porte le titre de : L'Empire Ottoman et les nationalités.
Déclaration de Hussein Djahid bey. Pour consolider l'Empire Ottoman, déclare-t-il, il faut satisfaire et les Arabes et les Arméniens.
Tigrane Zaven, en traitant des revendications arméniennes, continue son article ainsi qu'il suit :
«Mon interlocuteur expose ensuite ses vues sur les réformes en Arménie :
«En accordant aux Arabes les droits politiques les plus larges, nous aurons donné en même temps aux autres éléments, par exemple aux Arméniens, une garantie que leurs droits seront également respectés.
« En effet, que peuvent bien être les revendications politiques des Arméniens. La question de sécurité dans les provinces qu'ils habitent, la question agraire, ne sont pas des revendications politiques.
«Ce sont là des demandes auxquelles tout Etat bien organisé doit s'empresser de donner satisfaction, au risque de faillir à ses devoirs élémentaires. Il convient de citer au nombre des principales revendications politiques des Arméniens, leur représentation proportionnelle dans les Assemblées délibérantes, dans l'administration et dans la justice.»
Que penser de ces trois déclarations contradictoires.
Celle de Talaat bey annule celles de Djavid et de Djahid. Qui de ces trois connaît mieux les besoins politiques de nos compatriotes arméniens? Est-ce Talaat bey ou les deux autres? En tout cas, les Arméniens, ainsi que les autres éléments hétérogènes de la Turquie, quoi qu'en dise Talaat bey, ont droit à une représentation proportionnelle, la seule qui puisse donner une justice relative à une minorité de race, composant l'organisme d'une grande nation comme la nation ottomane.
Dr. NEVZAD
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